Traditions millénaires

humain orcs

Certains phénomènes ne s’expliquent pas. Ce besoin qu’ont les adolescents de réclamer un scooter, par exemple. Ou, plus énigmatique encore, cette irrépressible pulsion qu’ont les joueurs de blood bowl à faire rouler n’importe quel dé qui leur tombe sous la main (faites l’expérience chez vous, vous verrez…).

Eh bien c’est un peu la même chose avec les traditions. Tenez : enfermez deux nuits par mois dans un local isolé un groupe de jeunes hommes dans la fleur de l’âge, laissez-les y pratiquer une activité mystérieuse compréhensible des seuls initiés mâles et faites mijoter le tout quelques années.

Inévitablement, vous assisterez à cet étrange phénomène qu’est l’apparition de traditions, certaines remontant – dixit les jeunes hommes eux-mêmes – à des temps immémoriaux. Et qu’importe si le paradoxe temporel menace de fissurer l’espace-temps. Aux yeux des intéressés, les traditions se doivent d’afficher un âge canonique.

Et en Ligue de Condate, on aime les traditions. Et on les respecte.

Le Lotobowl

Depuis que le monde est monde, l’humanité ne peut s’empêcher de parier sur l’avenir. Tiens, 10 dollars que Lucy et ses potos misaient des fémurs de mammouths sur les chances de ce branleur de Ryan d’échapper à la version 2.0 du tigre à dents de sabre pondue par l’Evolution. La Ligue de Condate ne fait pas exception : non seulement on y échappe difficilement à Dents de Sabre, mais en plus on y parie à chaque journée de championnat.

Un point si vous devinez le vainqueur ou le nul. Tous les matchs y passent, et à la fin de la saison, le plus clairvoyant des coachs remporte…

…le Resto de Fin de Saison…

…qui reste à ce jour l’une des plus fameuses traditions de la LdC. Ainsi, chaque fin de saison est marquée par le regroupement de l’ensemble des professionnels de la Ligue dans l’une des caves du Chez Charly. Ils y ripaillent une nuit durant, fêtant les succès des uns, dénonçant la chagatte insolente des autres et crachant sur les foies jaunes dans l’intervalle.

Mais plus important que cette simple beuverie : les portes de la cave sont scellées et le demeurent jusqu’à ce qu’un filet de vomi suinte de derrière les battants verrouillés (le coup de la fumée blanche était déjà pris). A ce signal, le monde entier sait que les coachs de la Ligue ont signé…

… le Contrat-Nappe !

Les coachs de la LdC ne sont peut-être pas tous des grands malins, mais certains ont un peu plus de cervelle que les autres. Ceux-là sont appelés Commissaires de Ligue.

Les Commissaires ont rapidement compris l’intérêt du Resto de Fin de Saison et des fûts de Double Skull qui s’y écoulent. L’alcool aidant, la plupart des managers deviennent au fur et à mesure de la nuit de plus en plus enclins à s’engager avec une franchise au potentiel douteux pour la saison suivante. Ce qui est, d’une part, une très bonne chose pour lutter contre ce fléau qu’est le powergamisme, et d’autre part un moyen diaboliquement futé pour les Commissaires de s’assurer quelques matchs gagnés d’avance. Malheureusement, l’Histoire de la Ligue regorge d’anecdotes terrifiantes sur tel ou tel Commi qui n’aurait pas bien saisi toutes les subtilités du concept et se serait retrouvé au matin avec une vilaine gueule de bois et un engagement d’une année dans une franchise gobeline tatoué sur le front (l’engagement, pas la franchise, hein).

L'un des plus célèbre SMS de la LdC, envoyé par le Commissaire Castor à une heure quelque peu... tardive...

L’un des plus célèbre SMS de la LdC, envoyé par le Commissaire Castor à une heure quelque peu… tardive…

Dans les deux cas, les réclamations ne tardèrent pas à pleuvoir sur les bureaux des Hautes Instances de la Ligue.

Aussi, pour un monde plus juste créa-t-on le Contrat-Nappe. L’idée est remarquablement simple : durant le Resto de Fin de Saison, chaque manager est libre d’inscrire un ou plusieurs engagements sur la nappe disposée à cet effet. Une fois signée, la déclaration a valeur de contrat. Ceci évite d’une part les réclamations de néo-bachelier (prendre une voix enrouée d’adolescent tout juste pubère) : « Nan mais j’étais trop bourré, j’me souviens plus de rien. Et j’veux un scooter. » D’autre part, cela diminue les rendez-vous délicats chez le dermatologue (« Je suis navré, monsieur, mais il me sera bien difficile d’effacer ce tatouage sur votre front… »). Le Contrat-Nappe est par la suite scrupuleusement plastifié puis placardé derrière le comptoir du Chez Charly, afin que nul n’imagine pouvoir le voler, le détruire ou pire, le modifier.

Bien entendu, un entraineur ne respectant pas le Contrat-Nappe sera copieusement chahuté, hué, mis de côté et régulièrement enfermé dans une petite pièce toute noire avec le coach Ptchnk.

Durant le RFS, les coachs passent la soirée à négocier leur futur contrat.

Durant le RFS, les coachs passent la soirée à négocier leur futur contrat.

Franchises Eternelles

Qui n’a jamais rêvé de s’assoir sur le banc vibro-massant des Patriots, ou de tenir en haleine toute la Horde du Contrevent par un discours d’avant match mémorable ? Qui ne s’est jamais imaginé en train de crier un solide « Come on, Take Rootinho ! Give me a first down !! ». Qui n’a jamais souhaité diriger une séance d’entrainement en compagnie de Captain Chaos ?

Tout un chacun!! Et c’est bien normal, car vous entretenez tous le secret espoir de prendre la place de vos idoles que sont les coachs de la Ligue de Condate.

Alors dites-vous bien que la tradition rennaise autorise un manager à reprendre une franchise laissée vacante par son ancien entraineur, sous réserve d’obtenir la bénédiction de celui-ci. Tradition aujourd’hui plus vivace que jamais, certaines équipes enchainant les saisons pour le plus grand bonheur de leurs fans. Il se murmure même que si d’aventure la Ligue devait débuter sans que la franchise gobeline de la Formidable Armada y soit inscrite, un terrible cataclysme ravagerait la cité à grands coups de sauterelles zombies…

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